« Visite contée » : deux mots qui peuvent faire naître bien des images. Certains imaginent un conteur assis au milieu d’un groupe d’enfants, d’autres une promenade ponctuée d’histoires, une visite guidée agrémentée de quelques anecdotes… Et peut-être imaginez-vous aussi une conteuse costumée, qui incarne tour à tour les personnages rencontrés au fil du parcours.
Chez Diszy, une visite contée en Beaujolais est une façon bien particulière de faire découvrir un lieu : je pars de son Histoire réelle et j’en fais le point de départ d’une aventure que les visiteurs vont suivre tout au long du parcours.
Alors, que se passe-t-il réellement lorsqu’une visite contée commence ?
Tout commence par l’Histoire du lieu
Avant d’inventer une histoire, il faut d’abord connaître celle qui existe déjà.
Pour créer une visite contée, je pars donc toujours d’un lieu réel et de son Histoire : un village, un château, un parc, une rivière, un ancien moulin, un chemin… Je cherche ce que l’on sait de ce lieu, les personnages qui y ont réellement vécu, les événements qui s’y sont déroulés, les bâtiments qui ont évolué, les activités qui ont marqué le territoire.
Cette matière historique constitue le point de départ de mon travail d’écriture. Je ne choisis pas un décor pour y plaquer ensuite une histoire inventée : c’est le lieu lui-même qui va nourrir le récit.
À partir de cette réalité, j’imagine alors une aventure.

Des personnages qui vont vivre une histoire
Une fois le fil de l’histoire trouvé, les personnages apparaissent. Certains ont réellement existé et sont directement liés au lieu ; d’autres sortent tout droit de mon imagination. Il arrive même qu’un personnage historique rencontre un personnage complètement fictif ou qu’une créature merveilleuse s’invite dans l’aventure.
Tous vont vivre des péripéties que les visiteurs suivent au fur et à mesure de leur progression.
C’est là une différence essentielle avec une visite guidée classique : le visiteur ne découvre pas seulement une succession d’informations sur un lieu, il suit une histoire qui se déroule sous ses yeux et dans son imagination.
Chaque arrêt est comme un chapitre
Une visite contée se vit en marchant. On ne reste pas au même endroit pour écouter toute l’histoire : le groupe se déplace et, à chaque nouvel arrêt, un nouveau morceau du récit apparaît.
J’aime comparer cela à la lecture d’un roman. Lorsque vous tournez une page, l’histoire avance ; lorsque nous arrivons à un nouvel endroit, un nouveau chapitre commence.
Et comme dans un roman, tout n’est pas dévoilé immédiatement. Une question peut rester en suspens, un personnage peut disparaître, un mystère peut apparaître… Il faut parfois attendre le prochain arrêt pour découvrir ce qui va se passer.
À chaque étape, on découvre donc un nouveau chapitre… mais aussi une nouvelle question : que va-t-il arriver aux personnages ?
Le parcours devient ainsi une véritable progression narrative : on avance dans le lieu pour avancer dans l’histoire, avec l’envie de savoir ce qui arrivera au chapitre suivant.

Faire apparaître le passé grâce aux mots
C’est probablement ce que j’aime le plus dans la visite contée : pouvoir donner une nouvelle vie à un décor qui est pourtant bien réel.
Devant un vieux château, par exemple, nous voyons aujourd’hui des murs, des fenêtres, un parc. Mais quelques mots peuvent nous aider à imaginer les personnes qui y vivaient autrefois, leurs déplacements, leurs habitudes, leurs conversations, les activités qui animaient les lieux ou encore l’aspect du paysage à une autre époque.
Il ne s’agit pas de prétendre que nous avons réellement assisté à ces scènes. Il s’agit de permettre à chacun de se les représenter.
Le patrimoine devient alors plus qu’un objet que l’on observe : il devient un décor que l’on peut imaginer habité.

Et si l’imaginaire allait encore un peu plus loin ?
Puisque nous sommes dans un conte, pourquoi nous interdire complètement le merveilleux ?
Une créature fantastique peut apparaître au détour du chemin, un personnage inventé peut côtoyer une personne ayant réellement existé et une aventure extraordinaire peut venir se mêler à des faits historiques.
Cette part d’imaginaire fait pleinement partie de mes visites contées. Elle permet de créer une atmosphère, de surprendre, de faire rêver et surtout de donner aux visiteurs une autre manière d’entrer dans l’histoire du lieu.
Mais il existe une frontière que je tiens à préserver : je ne cherche pas à faire croire que ce qui est inventé est vrai.
Je vois finalement la visite contée un peu comme un roman historique. Lorsque l’on lit ce type de roman, on accepte que l’auteur s’appuie sur une réalité historique tout en inventant des personnages, des dialogues ou des situations. On entre dans l’histoire tout en sachant qu’une partie est romancée.
C’est exactement le principe ici.

À la fin, je démêle le vrai du faux
Pendant la visite, vous avez donc suivi une histoire dans laquelle réalité et imagination ont pu se côtoyer. Mais à la fin, il est temps de remettre chaque élément à sa place.
Qu’est-ce qui s’est réellement passé ? Qui a vraiment existé ? Qu’est-ce que j’ai inventé pour les besoins du récit ?
Je prends le temps de démêler le vrai du faux afin que chacun puisse faire la part des choses.
Cette étape est importante pour moi, car l’objectif d’une visite contée en Beaujolais n’est pas de tromper les visiteurs. L’imaginaire est un moyen de faire entrer dans l’Histoire et dans la découverte d’un territoire, pas de remplacer les faits.
Et souvent, c’est justement après avoir écouté une histoire que l’on a envie d’en savoir davantage sur ce qui s’est réellement passé… et là on peut suivre une visite traditionnelle du lieu à l’occasion de laquelle on peut poser des questions, apprendre des dates, des chiffres précis. Les deux formats sont tout à fait complémentaires !
Mais alors… où sont les costumes ?
C’est une autre question qui revient parfois lorsque je parle de visite contée.
Non, je ne parcours pas le Beaujolais avec une valise remplie de costumes !
Dans une visite contée, je suis la conteuse. Je raconte, je décris, je fais entendre les voix des personnages et je vous accompagne d’un chapitre à l’autre. Je connais ce que les personnages savent, ce qu’ils ignorent, leur passé et parfois même ce qui va leur arriver.
Il peut m’arriver de modifier ma voix, ma posture ou mon attitude pour faire exister un personnage plus fortement pendant une scène. Mais lorsqu’une histoire fait intervenir plusieurs personnages au fil du parcours, je ne vais évidemment pas changer de costume à chaque nouvel arrêt.
Et puis… je ne suis pas Arturo Brachetti !
Le costume n’est donc pas ce qui fait une visite contée. Ce qui donne vie aux personnages, ce sont avant tout les mots, la voix et l’imagination des visiteurs.
Une visite contée n’est pas une pièce de théâtre
Il peut y avoir des moments joués ou interprétés, mais une visite contée n’est pas une pièce de théâtre transportée dans la rue.
Le décor n’est pas construit pour l’occasion : il est déjà là. C’est le patrimoine, le paysage ou le milieu naturel que nous sommes venus découvrir qui constitue le décor de l’histoire.
Et le public n’a pas non plus à intervenir dans le récit. Dans une visite contée proprement dite, les visiteurs sont spectateurs. Ils suivent les personnages, écoutent leur aventure, observent le lieu et laissent leur imagination faire le reste. Il n’est pas nécessaire de connaître l’histoire du lieu, de retenir des dates ou de trouver la bonne réponse à une question : on peut simplement écouter, regarder et se laisser porter par le récit. Chacun peut ainsi profiter de la visite à son rythme, sans avoir à prendre la parole ou à se mettre en avant devant les autres.
C’est ce qui distingue également la visite contée des animations plus participatives que je peux proposer.
Et quelle différence avec une animation ludique ou une sortie scolaire ?
Chez Diszy, les différents formats ne répondent pas tout à fait au même objectif.
Lors d’une animation ludique, le public est généralement actif : il observe, cherche, joue, réfléchit, manipule ou coopère. Il peut cependant arriver qu’à certains moments, l’animatrice devienne conteuse et raconte une partie de l’histoire qui accompagne l’activité.
Dans une intervention pédagogique ou une sortie scolaire, plusieurs approches peuvent également se compléter. Une classe peut par exemple découvrir un lieu à travers une partie en visite contée, puis devenir elle-même active lors d’un atelier d’observation, de manipulation ou d’expérimentation.
La visite contée constitue donc une forme de médiation parmi d’autres, avec sa propre manière de faire découvrir le territoire : ici, c’est le récit qui guide le public.
Alors, qu’est-ce qu’une visite contée chez Diszy ?
Une visite contée, c’est finalement une rencontre entre un lieu réel et une histoire.
Je pars de l’Histoire d’un village, d’un château, d’un parc, d’un chemin ou d’un paysage. J’y cherche les personnages, les événements et les détails qui vont nourrir le récit. Puis j’imagine des personnages, je leur fais vivre des aventures et je construis une histoire qui se déroule au fil du parcours.
À chaque arrêt, un nouveau chapitre permet de poursuivre l’aventure. Le lieu devient alors le décor du récit et, grâce aux mots, chacun peut commencer à imaginer ce qu’il a pu être autrefois.
Une part de merveilleux peut venir s’y glisser, des personnages historiques peuvent côtoyer des personnages imaginaires, mais à la fin, je démêle le vrai du faux.
L’objectif n’est pas de choisir entre Histoire et imaginaire. C’est de faire dialoguer les deux pour donner envie de regarder autrement ce qui nous entoure.
Car c’est peut-être cela, au fond, une visite contée chez Diszy : partir d’un lieu bien réel, lui donner une histoire à suivre, entretenir le suspense au fil du parcours et laisser chacun repartir avec un peu plus de curiosité pour ce qu’il vient de découvrir.
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